« Je me souviens....
Je me souviens être rentrée une fois par mois dans mon institut de beauté pendant des années.
Je me souviens avoir tenté de trouver dans mon agenda, chaque mois, un créneau d’une heure et demi pour une épilation demi-jambe, duvet des lèvres, maillot échancré en été, maillot normal en hiver.
Je me souviens chaque heure et demi, une fois par mois, avoir déboursé dans les 30 euros.
Avoir vu le poil repousser ensuite.
Avoir abusé des exfoliants pour, comme me le recommandait mon esthéticienne, éviter les poils incarnés sous la peau.
Avoir caché ma peau rougie en été suite à ces épilations et avoir évité la piscine dans les heures qui suivait pour ne pas me retrouver irritée.
Je me souviens avoir ressenti la désagréable sensation, les jours de canicule, de sentir ma peau se dissoudre dans la chaleur de la cire.
Je me remémore avoir eu mal, penser parfois que mon enveloppe charnelle s’arrachait au rythme des passages de la spatule.
Jusqu’au jour où j’ai rêvé d’une autre vie, débarrassée de cette fatalité féminine. J’ai compté : 30 euros fois douze font trois cent soixante euros par an dépensés pour m’arracher les poils. Je me suis accordée dix séances de laser et toutes ces tortures sont passées au rang de souvenir.
Ce petit miracle s’appelle l’épilation définitive. Il se passe de commentaire. »















